Le Figaro : Des bénéfices dès les premiers jours à l’hôpital

Le Figaro : Des bénéfices dès les premiers jours à l’hôpital

INFOGRAPHIE –  Cette technique s’avère efficace pour les enfants ou les personnes âgées, notamment pour soulager la douleur.

«Les petits personnages peints sur les murs facilitent déjà l’entrée à l’hôpital, qui est un lieu déstabilisant, souligne le Pr Tu Anh Tran, chef du service de pédiatrie du CHU de Nîmes. L’hypnose peut s’installer ainsi dès l’accueil, avec des paroles et des gestes qui placent l’enfant dans un contexte rassurant.» Même sans hypnose formelle, cette approche facilite les soins en éloignant les larmes des enfants, l’inquiétude des parents mais également le stress du personnel soignant.

Le constat est le même dans la majorité des services où l’hypnose se met en place, y compris pour les plus vieux patients et même ceux dont l’esprit navigue d’un horizon à l’autre. «Nous avons commencé à utiliser l’hypnose pour des patients qui n’avaient aucun problème de mémoire, raconte le Pr Marie Floccia, gériatre algologue au CHU de Bordeaux. Nous l’avons désormais étendue à d’autres patients, y compris face à la démence.» Dans cet hôpital comme dans d’autres, l’hypnose fait tache d’huile et se retrouve à tous les étages.

«Nous avons commencé à utiliser l’hypnose pour des patients qui n’avaient aucun problème de mémoire.Nous l’avons désormais étendue à d’au­tres patients, y compris face à la démence »Pr Marie Floccia, gériatre algologue au CHU de Bordeaux

Le contexte hypnotique se met en place dès l’arrivée dans le service, par des mots et des gestes rassurants pour mettre le patient – et son cerveau – en confiance, condition indispensable à une éventuelle hypnose plus formelle. «Si on dit “ça ne va pas être long, ça ne fera pas mal, n’aie pas peur”, souligne le Pr Tran, le cerveau enregistre “long, mal, peur”.» Dans son service, un bouquet d’électrodes se transforme en bouquet de fleurs et un abaisse-langue devient un bâton d’esquimau.

Dans un tel contexte, il est facile d’envisager une hypnose plus formelle avec les enfants et les parents pour des gestes plus douloureux. En effet, un geste douloureux peut devenir chatouille pour peu qu’on l’ait annoncé comme tel, après avoir activé les cinq sens de l’enfant dans un contexte imaginaire rassurant. «Les parents sont fréquemment embarqués dans nos voyages hypnotiques, précise le Pr Tran. Je me souviens d’une petite fille dont le menton était ouvert et que nous avons pu recoudre sans douleur et sans larmes en faisant la visite complète d’un parc d’attractions où son papa nous a suivis pas à pas.»

Les enfants sont particulièrement susceptibles à cette hypnose conversationnelle, loin de la transe formelle où le patient, assis ou couché, semble dormir. Pour les douleurs chroniques, les enfants peuvent apprendre l’autohypnose afin de se replacer tout seuls dans cet environnement rassurant où la douleur ne joue pas le même rôle.

Le recours à l’hypnose permet de raccourcir le temps d’intervention et d’éviter la dépression des neurones sous l’effet des anesthésiques.

«Le processus est aussi beaucoup moins lourd, sans avoir recours à un respirateur ni à s’inquiéter des effets secondaires des anesthésiques»

Dr Éric Fournier, anesthésiste du CHU de Tours, spécialisé en hypnose médical

 

http://sante.lefigaro.fr/article/l-hypnose-une-pratique-bien-implantee-a-l-hopital/

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