L’hypnose s’installe dans les salles d’opération

L’hypnose s’installe dans les salles d’opération

Comme l’Institut Curie et Armand-Trousseau à Paris, de plus en plus d’hôpitaux recourent à ces techniques pour, parfois, éviter l’anesthésie générale. Et ça marche !

Cet adolescent a disputé un match de tennis face à Henri Leconte. Cette petite fille a voltigé dans les manèges de ses rêves. La « salle zen » dans laquelle ils ont vécu cette expérience n’est pas un nouveau complexe de jeu à la mode. Elle se situe au cœur des blocs opératoires de l’hôpital Armand-Trousseau (AP-HP), un établissement parisien de référence pour les soins pédiatriques. Ici, l’hypnose a peu à peu gagné ses galons dans les salles d’opération, régulièrement utilisée pour diminuer le stress des petits patients mais aussi leur éviter une anesthésie locale et même générale !

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« Aujourd’hui, un tiers des médecins du service et des infirmières anesthésistes sont formés. Cela a profondément enrichi la relation patient soignant », s’enthousiasme Isabelle Constant, cheffe du service anesthésie-réanimation. Des biopsies, des gastrostomies (ouverture de l’estomac) et des ponctions sont ainsi pratiquées, quand cela est possible, sous hypnose. Car en amenant l’enfant (dès 7 ans) à s’immerger dans une activité imaginaire ou joyeuse, les médecins réduisent non seulement sa peur de l’opération, mais limitent aussi l’utilisation de médicaments. « Sans compter qu’il n’y a plus le problème du réveil. Il remange vite, sort plus rapidement », reprend le professeur Constant.

En vogue aussi dans les maternités

Une pratique qui a aussi désormais toute sa place à l’Institut Curie, à Paris. D’abord expérimentée en 2015 lors d’opérations du cancer du sein, y compris pour des mastectomies partielles ou totales, elle est aujourd’hui utilisée en chirurgie ORL, pour ôter des cancers de la paupière, du pavillon de l’oreille… « Pour remplacer l’anesthésie, nous avons pratiqué quelque 150 hypnosédations. C’est la combinaison de l’hypnose et de médicaments antidouleur », décrypte le docteur Aurore Marcou. Faut-il la nommer… « hypnotiseuse » ? « Je préfère praticien en hypnose ou hypnothérapeute », répond ce médecin* qui s’est formée pendant deux ans à toutes les techniques de l’hypnose, et en est devenue une spécialiste reconnue.

« Certains patients sont incompatibles avec une anesthésie générale, c’est ce qui m’a poussé vers l’hypnose. C’est très particulier, on conduit tout doucement le malade vers un lieu où il se sent en sécurité puis on l’aide à reprendre contact avec la réalité », note-t-elle. Son arme, n’est pas un pendule, mais sa voix, sa patience, un climat de calme et la proximité avec le malade.

Bientôt, l’Institut expérimentera l’hypnose pour des opérations de la thyroïde tandis que d’autres établissements la peaufinent pour des interventions des os, des cordes vocales, de la gorge. Très en vogue, de plus en plus d’hôpitaux la valorisent dans leur service maternité, pour la prise en charge de la douleur en salle de travail. Ou comment une pratique mystérieuse a accouché d’une série d’innovations, utiles quotidiennement aux patients.

http://www.leparisien.fr/societe/sante/l-hypnose

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